Le plan d’épargne retraite (PER) a le vent en poupe. Lancé le 1er octobre 2019, ce placement destiné à se constituer un complément de revenus pour la retraite a rapidement séduit les épargnants. À tel point qu’il domine désormais le marché de la retraite supplémentaire facultative, qui vient compléter les pensions versées par les régimes de retraite obligatoire.
C’est ce que révèle une étude de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), publiée le 5 octobre 2026. L’enquête s’appuie à la fois sur des données publiques et un sondage réalisé pour le compte de la FNMF auprès de 3 000 personnes.
Une ascension fulgurante en seulement quelques années
Les chiffres témoignent d’une progression impressionnante. En 2019, année de sa commercialisation, le PER ne représentait que 3 % des adhérents à la retraite supplémentaire facultative. Dès 2020, cette proportion grimpait à 18 %, avant d’atteindre 30 % en 2021, puis 49 % en 2022.
Selon les dernières données consolidées présentées dans l’étude, près de 9,5 millions de Français détenaient un PER. Cela représente 55 % des 17,3 millions d'adhérents à un produit d’épargne retraite dans l’Hexagone. Le succès du dispositif se retrouve également dans les réponses au sondage : 37 % des personnes interrogées déclarent être couvertes par un PER, qu’il ait été souscrit individuellement ou dans le cadre de leur entreprise.
Pourquoi un tel succès ?
Cette montée en puissance ne doit toutefois rien au hasard. Elle s’explique en grande partie par la réforme de l’épargne retraite, qui a progressivement fait du PER le produit de référence. Depuis le 1er octobre 2020, il n’est ainsi plus possible de souscrire un plan d’épargne retraite populaire (Perp), un contrat de retraite Madelin destiné aux travailleurs non-salariés (TNS), un plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) ou encore un contrat de retraite supplémentaire à cotisations définies, appelé « article 83 » (en référence à l’article du Code général des impôts qui le réglemente).
Les anciens contrats peuvent néanmoins continuer à fonctionner, mais de nombreux épargnants ont choisi de transférer leur épargne vers un PER. Résultat : le nombre de titulaires a bondi de 571 % en 2020, porté notamment par la transformation des anciens dispositifs en PER ou le transfert des encours (le cumul des versements, majoré des gains) vers les plans.
Le PER dispose, il est vrai, d’arguments pour séduire. Contrairement à plusieurs de ses prédécesseurs, il permet, sous certaines conditions, de récupérer son épargne avant la retraite pour financer l’achat de sa résidence principale. À l’heure du départ à la retraite, les sommes peuvent être récupérées sous forme de capital, de rente viagère ou d’une combinaison des deux, selon l’origine des versements.
Un placement incontournable… mais encore méconnu
Malgré cette percée, le PER souffre d’un paradoxe : il est largement diffusé, mais reste relativement peu connu. Selon l’enquête de la Mutualité française, seuls 39 % des Français interrogés déclarent en avoir entendu parler.
Plus largement, 63 % des sondés affirment ne pas connaître les dispositifs permettant de préparer financièrement leur retraite. Une méconnaissance d’autant plus frappante que les inquiétudes concernant le niveau de vie des futurs retraités sont fortes. En effet, 60 % des répondants estiment qu’ils ne disposeront pas de ressources suffisantes pour vivre correctement une fois à la retraite.
Découvrez le PER Placement-direct Retraite ISR