Les investisseurs particuliers sont loin d’avoir déserté les marchés après l’effervescence boursière des années Covid. Bien au contraire. Au premier semestre 2026, leur nombre a atteint un sommet depuis que l’Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse de Paris, mesure leur activité à partir des déclarations de transactions.
Le nombre d’investisseurs français ayant réalisé au moins une transaction s’est établi au niveau le plus élevé constaté depuis 2018, année d’entrée en vigueur du dispositif de déclaration des transactions, relève le régulateur dans son tableau de bord des investisseurs particuliers actifs rendu public le 23 septembre 2026.
Cette progression concerne aussi bien les actions que les fonds indiciels cotés, plus connus sous leur acronyme anglais d’ETF (pour Exchange Traded Fund). Mais ce sont ces derniers qui affichent la croissance la plus spectaculaire.
Les fonds indiciels s’envolent
Au deuxième trimestre 2026, 934 000 particuliers ont acheté ou vendu au moins un ETF, contre 881 000 entre janvier et mars. Un niveau là aussi inédit depuis 2018.
Le dynamisme apparaît encore plus nettement à travers le nombre d’opérations réalisées. Toujours sur les six premiers mois de 2026, l’AMF a comptabilisé 11,8 millions de transactions sur ces fonds. C’est 69 % de plus qu’au premier semestre 2025 et, là encore, un record depuis le début de la série statistique.
Ces produits permettent d’investir, à travers un seul titre, dans un ensemble d’actifs en reproduisant généralement les performances d’un indice boursier. Les ETF peuvent être logés dans un plan d’épargne en actions (PEA) sous réserve de respecter les conditions d’éligibilité, dans un compte-titres, dans un contrat d’assurance vie ou dans un plan d’épargne retraite (PER).
Les actions cotées encore en tête
Malgré la percée des ETF, les actions conservent une nette avance en nombre d’investisseurs et surtout en volume de transactions. Au premier trimestre, 1,213 million de particuliers ont effectué au moins une opération sur une action. Ils étaient encore 1,192 million entre avril et juin.
Au total, 36 millions d’ordres sur actions ont été passés durant le premier semestre. Leur nombre progresse ainsi de 28 % par rapport aux six premiers mois de 2025.
Un montant médian en stagnation
Après plusieurs années de recul, le montant médian des transactions semble, lui, se stabiliser. Pour les actions, il s’établit à 481 euros au deuxième trimestre, après 473 euros au premier trimestre. La tendance est différente sur les ETF, où le montant médian d’une transaction passe de 102 euros à 95 euros entre les deux trimestres.
La forte augmentation du nombre d’ordres ne signifie donc pas nécessairement que les particuliers engagent des sommes plus importantes à chaque opération. Elle témoigne surtout d’une activité plus soutenue et d’une diffusion croissante de l’investissement boursier.
Plus de 400 000 nouveaux investisseurs en six mois
Le renouvellement de la population des investisseurs contribue également à cette dynamique. Environ 435 000 particuliers ont réalisé leur premier investissement au cours du premier semestre 2026 sur un instrument financier coté dans l’Union européenne.
Parmi eux, 282 000 ont acheté des actions pour la première fois, tandis que 394 000 ont fait leurs débuts sur les ETF. Les deux populations pouvant se recouper, ces chiffres ne doivent pas être additionnés. Ces données illustrent néanmoins la capacité des fonds indiciels à attirer de nouveaux venus en Bourse.
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