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Comment sont fixés les taux des fonds en euros d’assurance-vie ?

Après des années de baisse, le rendement des fonds en euros s’est stabilisé à un niveau modéré mais encore supérieur à celui des autres placements sans risque. Comment est-il calculé ?

L’assurance-vie en euros n’est pas un placement comme les autres. C'est avant tout une assurance. Même si la diversification des contrats d’assurance-vie multisupports en unités de compte(1) (UC) ne cesse de progresser, les fonds en euros sans risque ont toujours un grand succès. En 2018, les épargnants ont effectué 140,1 milliards d’euros de nouveaux versements en assurance-vie, répartis entre 39,5 milliards placés en UC(1), soit plus de 28% des versements, et 100,6 milliards placés dans les fonds en euros. L’encours des fonds en euros approche 1400 milliards d’euros, soit encore plus de 80% des 1700 milliards d’euros accumulés en assurance-vie début 2019.

Les fonds en euros cumulent trois qualités appréciées des épargnants : sécurité (leur capital ne peut pas baisser), rentabilité (les rendements encaissés chaque année procurent à leur tour des intérêts) et disponibilité (on peut récupérer son argent à tout moment).

Ces qualités font peser autant de contraintes sur les assureurs. Ils doivent gérer l’argent des fonds en euros avec un mélange de prudence et d'anticipation pour optimiser leur savant cocktail de performance, liquidité et solvabilité.

Dans ce contexte, comment sont fixés les rendements des fonds en euros ? Pourquoi baissent-ils ? Quelles sont leurs perspectives ?

(1) La valeur des supports en Unités de Compte est sujette à fluctuation à la hausse comme à la baisse dépendant notamment de l'évolution des marchés financiers. L'assureur s'engage sur le nombre d'Unités de Compte et non sur leur valeur qu'il ne garantit pas.

 

Un rendement lié aux marchés financiers

A long terme, le rendement des fonds en euros dépend d’abord de la rentabilité et de la performance des investissements réalisés par les assureurs. La performance des fonds en euros est indissociable de l'actif général des compagnies d'assurance-vie. Ces dernières veillent avant tout à garantir leurs engagements auprès des assurés. Pour cela elles doivent privilégier la solvabilité et la sécurité de leurs investissements afin de pouvoir rembourser leur capital aux souscripteurs à tout moment en cas de retrait.

S'ils n'investissaient qu'en placements de trésorerie à court terme, les assureurs ne pourraient malheureusement pas garantir le capital des assurés dans le contexte actuel, en raison des taux négatif de la BCE. Depuis 2015, les placements sur le marché monétaire rapportent moins que zéro. Ils perdent actuellement autour de 0,3% par an.

Même s'ils n'investissaient qu'en emprunts d'Etat, les assureurs ne pourraient pas non plus maintenir les rendements des fonds en euros à leur niveau actuel. En effet, le taux des emprunts d’Etat français est demeuré inférieur à 1% quasiment sans interruption depuis fin 2014.

Pour améliorer la rentabilité de leurs actifs, les assureurs diversifient les investissements des fonds en euros avec une part d'obligations d’entreprises privées, moins sûres mais plus rentables que les emprunts d'état, mais aussi en actions ou dans l'immobilier. Ces derniers sont encore beaucoup plus risqués mais aussi plus rentables à long terme que les obligations privées ou d’Etat.

En moyenne, les fonds en euros sont ainsi composés à plus de 80% d’obligations, près de 9% d’actions et environ 7% d’immobilier, le reste étant en trésorerie et placements divers.

Source : Facts&Figures (derniers bilans disponibles fin 2017)

Le rendement des fonds en euros évolue avec le temps, en fonction de la répartition de leurs actifs, mais aussi avec l'évolution des montants gérés.

Les capitaux placés en assurance-vie ont été multipliés par plus de 100 depuis 37 ans, passant de 102 milliards de francs (15,6 milliards d’euros) en 1981, à plus de 1700 milliards aujourd’hui. Aucun placement financier n'a connu un tel succès.

Ce succès a un revers, car il a été aidé par la baisse des taux d'intérêt, qui a paradoxalement dopé les rendements. L'argent placé en assurance-vie est essentiellement investi en obligations, notamment en emprunts d'Etat. Grâce aux emprunts acquis avec des taux élevés les années précédentes, les contrats affichent des rendements supérieurs à celui des emprunts d'Etat du moment, attirant toujours plus de versements.

 

Baisse des taux et afflux des versements

Mais l'afflux d'épargne en assurance-vie, conjugué à la baisse des taux des obligations, refroidit les rendements futurs des fonds en euros, comme si l’on déversait des bassines d’eau froide dans un bain chaud. En 1985, la baignoire contenait 38 milliards d’euros, investis en obligations à plus de 10%. Chaque année, les épargnants y ont déversé des milliards alors que la température des taux obligataires diminuait : plus de 2000 milliards d’euros ont été versés sur les fonds en euros de l’assurance-vie, hors retraits, entre 1993 et 2016, quand le taux des emprunts d'Etat baissait de 8% début 1993 à 5% au tournant du millénaire, 4% en 2008, 3% en 2012, 2% au printemps 2014, et moins de 1% depuis plus de 4 ans. Plus la baignoire se remplit, plus la température des fonds en euros pâtit de la baisse des taux.

Source : Banque de France

Si la diversification des assureurs permet aux fonds en euros de bénéficier d’un meilleur rendement que les emprunts d’Etat, tout en garantissant le capital des assurés, c’est aussi grâce à la comptabilité spécifique des assurances.

 

Les fonds en euros ne sont pas des Sicav

Si les fonds en euros étaient valorisés à la valeur de marché de leurs actifs (obligations, actions et immobilier), ils ne pourraient garantir le capital des souscripteurs, car leur capital monterait et baisserait sans cesse, un peu comme la valeur liquidative d’un fonds d’investissement ou d’une Sicav diversifiée.

Les fonds en euros ne sont pas des Sicav, mais bien des assurances. Leur valeur est garantie par la comptabilité prudentielle de l'assurance-vie. Ainsi, la valeur des fonds en euros est préservée des fluctuations de leurs actifs par des mécanismes de lissage des bénéfices, plus-values ou pertes, notamment par le jeu de la provision pour participation aux bénéfices (PPB).

 

Réserves de plus-values latentes

Les assureurs ont d’abord des plus-values en réserve. Le taux de plus-values latentes sur leurs biens immobiliers approche environ 50%. Les plus-values latentes sur leurs actions sont beaucoup plus volatiles et elles auront probablement rebaissé à fin 2018. Mais fin 2017 elles étaient monté à plus de 15%, alors qu’elles étaient inférieures à 10% fin 2016. Les plus-values latentes fin 2017 étaient aussi d’environ 10% sur les obligations d’entreprise, et proches de 20% sur les emprunts d’état, selon une étude publiée en novembre dernier par la Banque de France à partir des derniers rapport dits « Solvabilité 2 » remis par les assureurs à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

 

Provisions pour participation aux bénéfices

Côté rendement, les assureurs ne distribuent pas non plus tous les revenus tirés de leurs investissements chaque année. Ils peuvent en mettre une partie en réserve pour améliorer les rendements futurs, ou puiser dans ces réserves pour améliorer le rendement distribué aux épargnants. Ainsi en 2017 les actifs composant les fonds en euros des assureurs leur ont rapporté en moyenne 3,14% de rendement financier, alors que le rendement moyen distribué aux assurés n’était que de 1,8% en moyenne (net de frais avant prélèvements sociaux) selon la Fédération française d’assurance (FFA). Ce rendement des actifs était par exemple de 3,11% chez Generali et de 3,49% chez SwissLife en 2017.

Une partie de la différence est mise de côté pour doter la « provision pour participation aux bénéfices », ou PPB. Cette provision de sécurité de l’assurance-vie approchait 50 milliards d’euros, correspondant à 3,7% de rendement « en réserve » pour les fonds en euros, selon les dernières données à fin 2017 publiées par la Fédération française des assurances (FFA).

Entre leurs provisions pour participations aux bénéfices et leurs diverses réserves de plus-values latentes ou mises de côté en « réserve de capitalisation », les 30 principales compagnies d’assurance-vie de l’Hexagone disposent de réserves globales représentant plus de 8% de l’épargne sur leurs fonds en euros, selon la société d’analyse GoodValueForMoney.

Grâce à toutes ces réserves, les assureurs disposent d’une marge de manœuvre pour préserver les trois qualités essentielles des fonds en euros qui ont fait le succès de l’assurance-vie : sécurité, rentabilité et disponibilité.

 

Lire aussi : Quels rendements pour les fonds en euros de Placement-direct.fr en 2018 ?

Pour toute question sur votre assurance-vie, contactez Placement-direct.fr :
- par téléphone au 01 53 32 73 32
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Publié le 21/02/2019